Le bébé

La nuit du 02 janvier, Ndeye Astou et Abdoul Diop dormaient d’un sommeil agité quand ils entendirent un bruit dans la chambre de Soda. La jeune femme était devenue si grosse qu’elle portait désormais les amples robes de chambre de Ndeye Astou, les seules assez larges pour les contenir tous les deux, le bébé et elle.

La nuit du 02 janvier, Ndeye Astou et Abdoul Diop dormaient d’un sommeil agité quand ils entendirent un bruit dans la chambre de Soda. La jeune femme était devenue si grosse qu’elle portait désormais les amples robes de chambre de Ndeye Astou, les seules assez larges pour les contenir tous les deux, le bébé et elle.

 

– Tout va bien ? questionna Ndeye, l’air soucieux, en chuchotant pour ne pas réveiller les enfants.

 

– Oui, très bien. J’ai fait tomber le pot de fleur en sortant de la salle de bain.

 

Elle lui adressa un sourire endormi et se recoucha dans le lit, sur le côté, car elle ne pouvait plus dormir sur le dos. Le bébé pesait si lourd qu’elle avait l’impression de suffoquer.

 

Cette nuit-là, Soda ne parvint pas à se rendormi. Après avoir changé de côté à plusieurs reprises.

Quand elle sortit enfin de la chambre deux heures plus tard, l’air effrayé, elle alla voir Ndeye Astou .

 

– Je crois qu’il se passe quelque chose, murmura-t-elle.

 

– Je suis sure que tu es exactement dans les temps, répondit-elle, souriant de plaisir. Cela fait neuf mois aujourd’hui. On dirait bien que quelqu’un ici va avoir son bébé !

 

– Je ne me sens pas bien du tout, avoua Soda.

 

Son dos lui faisait souffrir le martyre, elle avait de violentes nausées et quelque chose dans son ventre exerçait une pression épouvantable vers le bas. Elle avait toujours les mêmes douleurs lancinantes dans le dos et le bas-ventre, et cela ne ressemblait plus du tout à une indigestion.

 

– Que va-t-il se passer maintenant ? demanda-t-elle avec un air de petite fille affolée, tandis que Ndeye Astou lui passait un bras autour des épaules pour la ramener vers sa chambre.

 

-Tu vas mettre au monde un bébé magnifique, Soda, voilà ce qui va se passer.

 

Maintenant, je veux que tu te calmes. Je vais réveiller Abdoul pour qu’il nous amène à l’hôpital. Tout va bien se passer.

 

Dès que la jeune femme fut installée dans son lit, son regard trahissait son angoisse et son affolement.

Ndeye Astou alla aussitôt réveiller son mari.

 

– Ne me laisse pas ! s’écria Soda.

 

– Je vais juste chercher Abdoul. J’arrive.

Trente minutes plus tard, ils étaient déjà à l’hôpital Principal de Dakar.

Soda n’avait pas pu fermer l’œil, tellement elle avait mal au dos. Quand la première vraie contraction arriva en lui déchirant le ventre, elle commença à paniquer. La douleur l’avait prise au dépourvu.

Personne ne lui avait dit que la douleur serait aussi atroce.

 

Elle avait l’impression qu’un boucher était en train de lui découper le ventre

Le travail avait duré toute la nuit, et vers 8h, Ndeye Astou et son mari commençaient à paniquer. Soda refusait de pousser davantage, elle gisait simplement sur le lit, en larmes, répétant qu’elle n’y arrivait plus.

Ce n’est qu’après cinq heures de travail accompagnées d’une douleur inimaginable que Soda finit par mettre au monde une mignonne petite fille.

Ndèye Astou, qui devait aller à Saint-Louis, le lendemain, prit une nouvelle domestique. C’était une femme qui avait la trentaine.

 

Le baptême vint et passa. Ce fut une petite fête où seuls les voisins étaient invités.

Vu que Ndeye Astou était allée en séminaire pour une semaine, ce fut Abdoul Diop qui accompagna Soda chez le tailleur. Elle avait commandé une robe très élégante qui épousait ses formes gracieuses tout en mettant en valeur sa généreuse poitrine.

Elle s’était maquillée légèrement et avait laissé tomber sa longue chevelure sur ses épaules.

Lorsqu’elle sortit de sa chambre pour saluer les invités, Abdoul Diop était comme captivée. Il n’arrivait pas à détacher son regard de Soda. C’était comme si sa seule présence illuminait la pièce. Il n’avait jamais ressenti cela auparavant. Il ne savait pas qu’elle était aussi belle.

 

Soda était le point de mire de tous les regards masculins. Personne ne l’avait jamais vue aussi heureuse, et souriante.

Elle donna au bébé le nom de Ndèye Astou en signe de reconnaissance. Cette dernière en fut très ravie lorsque son mari lui annonça la nouvelle par téléphone.

Soda était très heureuse ce jour-là, bien que sa propre famille lui manquât énormément. Elle aurait tant aimé que sa maman et Diama soient là.

Soda était devenue encore plus belle, éloquente, séduisante. Elle était la proie des hommes de l’immeuble où elle habitait. Certains mêmes avaient recours à Ndèye Astou pour qu’elle les aide à obtenir un rendez-vous avec elle. Cependant, Soda s’évertuait à rester le plus loin possible des hommes. Tout ce qu’elle voulait c’était continuer ses études et s’occuper de sa fille.

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